Les résolutions ne se prennent pas qu’une fois l’an

Temps de lecture : 12-15 min.

J’espère que vous n’avez pas totalement digéré de vos agapes, car il va vous falloir encore un peu de place. Je vous ai écris un gros pavé. Mais promis ca vaut le coup.

Le titre de l’article a dû vous interpeller.  En effet quel étrange souhait devez-vous penser. Pour autant c’est bien autre chose que je vous souhaite et me souhaite aussi. Si j’ai attiré votre attention, alors lisez ce qui suit.

Le temps du bilan

Lheure des éternels bilans de fin d’année, du meilleur et du pire est arrivée.

Tout y passe: du bilan financier au bilan professionnel, les événements marquants en politique, sport, économie, l’année 2014 en photo, le sacro saint bêtisier (qui n’est plus drôle car on l’a vu 10 fois dans l’année, quoique les chats arriveront tjs à vous faire décrocher un sourire, n’est ce pas ?), bref des bilans en veux-tu en voilà.

Mais qu’en est-il sur le plan personnel ? Pas grand chose.
Et si vous ne vous posez pas sérieusement la question, qui vous la posera ?

Vous conviendrez avec moi, que rien ne nous encourage à faire notre bilan personnel. Seuls les coach en développement personnel, psychologue, sauront le faire, encore faut-il séparer le bon grain de l’ivraie, car dans ce domaine, il y a pléthore de pseudo professionnels.

Et moi donc ?
Qui suis-je pour vous conseiller ce qu’il faudrait faire ou pas. Je ne suis pas coach, en effet, mais cela fait déjà, ou seulement, 7 ans que j’ai enclenché la démarche de renaître sur le plan personnel, de me foutre du quand dira-t-on, d’apprendre qui je suis, ce que je veux, de m’enrichir des autres. Un long travail que j’ai fait sur moi, et ça m’arrive de le faire aussi pour les autres. Je continue toujours par des lectures, et exercices, car en ce domaine rien est acquis. Fermons donc cette parenthèse.

Si je vous écris ce n’est pas pour vous raconter ma vie, mais bien vous partager mon expérience et mon regard sur le bilan et les résolutions que nous pouvons faire, et d’une manière bien différente pour cette année.

Lorsque vous faites un bilan de votre année, à quoi pensez-vous tout de suite:

  • boulot ?
  • famille ?
  • projet perso ?

Les trois à la fois sûrement, car aujourd’hui les frontières entre perso et pro sont minces et difficilement dissociable. Mais bon là on touche à un autre sujet, que je ne vais pas aborder. Ceci pour dire, que le bilan que vous allez en tirer ne sera probablement qu’un bilan général, masquant certains moments clés dont vous ignorez la grande importance.

Ainsi en même temps que je vous écris, je me rappelle petit à petit de ce que j’ai réalisé de bien, de ce que j’ai changé, pour m’améliorer, évoluer, renoncer à ce qui me nuit, panser mes plaies, me plaire, attaquer les problèmes quotidiens à la base, car la remise en cause est essentielle, salutaire, pas culpabilisante. Je répète: se remettre en cause est salutaire, essentiel, et non culpabilisant !

Peu de personnes acceptent cet état de conscience. Encore moins quand c’est un(e) ami(e), une personne de la famille qui tente de vous ouvrir les yeux sur un problème (encore faut-il qu’il le fasse correctement, bien sûr). Il lui faut apporter les arguments qui le justifie. Bien souvent nous nous disons: moi je suis adulte, j’ai de conseils personnels à recevoir de personne. Erreur.

Faire face à ses choix, seul, c’est loin d’être simple. Notre cerveau joue au flipper, comme j’aime à le dire. Mais quand on a l’avantage de partager sa vie avec un quelqu’un, d’avoir un cercle d’amis bienveillant, c’est une chance supplémentaire qui nous est accordée pour avoir un autre regard sur soi, et  si cette personne ne le fait pas, c’est qu’elle ne vous aime pas. Si elle le fait de manière maladroite ou dans la dévalorisation la plus totale, le message ne passe plus.  On se retrouve donc de nouveau seul.

Pour autant nous ne le sommes pas. Oui car sans vouloir extrapoler, je dirais qu’on est tous en couple: notre corps avec notre conscience. Tiens la revoilà cette conscience dont on tait bien souvent ce qu’elle nous dit.

Devenue adulte, notre conscience est si souvent enterrée par notre éducation, nos parents, notre religion, ce que l’on entend, ou que sais-je encore, qu’elle finit par étouffer ce que l’on est, ce que l’on veut, ce à quoi nous aspirons, ce qui fait battre notre coeur (je ne peux m’empêcher au dessin animé Rebelle qui résume très bien ce propos).

Il est temps de refuser ce que l’on vous a imposé comme état de fait, indiscutable, et de faire vos propre choix de vie ! (Comment ça t’as pas de gamin, t’es pas marié à 32 ans ?? Ta gueule !! (pardon pour la vulgarité, mais vous savez comme moi que c’est bien ce qui se passe dans notre tête).

Quels choix faisons nous donc ?

Il est tellement plus facile d’étancher sa soif, par notre boisson préférée, et notre faim par notre friandise ou plat préféré. C’est le choix de la facilité.  Mais décider d’un changement personnnel en vue d’un bien être, en pleine connaissance de cause, avec le recul nécessaire, ça l’est beaucoup moins.

Je constate tous les jours que les gens ont peur de se retrouver seuls face à eux mêmes, car la réalité, elle, ne fait pas d’état d’âme. C’est simple, ils fuient cette réalité en se distrayant autant qu’ils peuvent, s’entourant quotidiennement de bruit, car l’idée du silence et de la réflexion les font flipper à mort !

Bon sang faites une pause, et arrêtez vous ! Les paroles, les actes que vous engagez ont des conséquences sur vous, mais aussi sur les autres quand vous les embarquez dans des histoires et des querelles dingues qui, parfois, n’ont pas lieu d’être.

Dans ce monde où tout va trop vite, où la course effrénée à l’info (l’infobésité) est devenue sport national, on en oublie les choses les plus élémentaires: RE-SPI-RERUn peu d’etymologie pour vous éclairer sur mon propos.

Respirer vient de spiro (« souffler ») avec le préfixe re-., qui vaut comme une récréation, de creo (« créer ») avec le préfixe re-.) (source : wikipedia): reprendre de l’air, se recréer, se renouveler. Voici donc notre besoin vital car c’est la nourriture du corps et de l’esprit.

Prenez donc le temps, chaque jour, de vous couper du monde 5 secondes, de vous recréer !
Prenez le temps d’assimiler ce qu’on vous fait avaler pour mieux le digérer et non pas le recracher de façon si systématique et immédiate.

Un peu de pratique:

Ralentissez votre rythme !
Les gens courent en permanence dans les magasins, pour avoir le métro… Relaxe max, y en a un autre dans 2 minutes. Pas 10, 2 !
Ralentissez donc et appréciez ce temps sans précipitation. Et si vous courez, essayez ceci: arrêtez vous 5 secondes, sur le côté du quai par exemple, et regarder le flot des passagers, vous allez être surpris de la vitesse du flux circulatoire. Inconsciemment nous marchons tous vite sans raison aucune. Sauf urgence, je ne cours plus du tout. Et je m’en porte d’autant mieux.
 
Ecrivez ! Prenez votre bloc note adoré, et votre stylo fétiche, remémorez vous ce que vous avez fait de bien : changement d’alimentation (qui a dit je suis devenu vegan ?^^), pratique d’une nouvelle activité, cv à jour, … écrivez, écrivez. Les mots que l’on couche sont un excellent exutoire pour avoir les idées claires.
 

Le but est d’additionner les petites victoires personnelles.
De là tout découlera: vous vous sentirez mieux, ferez de meilleurs choix plus rapidement, vous serez plus heureux. Un bonheur naturel se lira sur votre visage.

Votre bilan fait, il est temps de se pencher sur les résolutions que vous pouvez prendre.

Le temps des résolutions

resolutionAprès le bilan, voilà ce mot qui, chaque année, fait aussi les choux gras de la presse. Là aussi on reprend les mêmes et on recommence. Qu’allez vous lire en Une dans la PQR, les journaux télévisés, les magazines ?

« 5o astuces pour faire un régime » (encore faut il trouver le bon), « c’est décidé je me (re)mets au sport », avec l’overdose de photos de corps filiformes et musclés à vous faire halluciner, deux résolutions qui tiennent le pavé depuis bien (trop) longtemps. C’est le même discours chaque année. Je vois pas en quoi se mettre à faire enfin du sport cette année serait différent de cette même résolution prise l’année dernière.
Ou encore toutes les stars qui font constamment la Une, qui ont fait LE régime miracle, ces stars à suivre, ces stars qui sont au TOP de leur forme, au sommet de leur art. Beaucoup se jettent sur ces magazines people, à rêver la vie des autres au lieu de rêver la leur. Sachez que ces stars que vous idolez (et que vous haïrez la seconde suivante) se moquent bien de votre vie.
Ils ne vous ont pas attendu pour être bien, talentueux.

Qu’allez vous donc en retenir ? Rien, nada, que dalle, niente.

Ma question dans ce tout ce fatras journalistique, est la suivante: mais que faites-vous pour VOUS, que vous n’avez pas lu ou entendu quelque part, que vous allez décider par VOUS MÊME ?

Et si vous n’aviez pas envie de faire régime, bordel !
Et si vous n’aviez pas envie de faire du sport !
Et si vous n’aviez pas envie d’arrêter de fumer, de boire, de manger vos plats favoris bien gras.
Et si vous en avez envie, qu’est ce qui vous empêche de commencer le 4 février, le 15 mars ou le 9 juin, hein ? Rien.

Que faut il comprendre ? Et bien ceci:

Ne faites pas de résolution que vous ne tiendrez pas, qu’on vous « impose » par médias interposés.
Les résolutions ne se font pas qu’une fois l’an, c’est tous les jours qu’il faut en faire et par la même lutter contre la procrastination, et le flot de la vie… On en reparle en mars si vous voulez.

L’année civile commence le 1er janvier 2015. Ce n’est pas à cette date que tout va miraculeusement changer d’un coup de baguette magique. Les bonnes et mauvaises surprises de la vie se foutent du calendrier. Votre année, commence à n’importe quel moment, quand vous l’aurez décidé, mars, mai, juillet quand vous vous serez explosé le petit doigt de pied sur l’armoire (ca réveil hein ?), qu’importe.

La clé de la réussite: commencer et finir ! 

Le temps de se rappeler qui nous sommes

Je trouve toujours pathétique de voir autant de gens jouer la comédie, montrer ce qu’ils ne sont pas, qui ne sont que l’ombre d’eux-mêmes à suivre des tendances, des concepts, s’inventer une vie, adopter un vocabulaire bullshit sans en comprendre le sens.

Regardez autour de vous, comme ceux qui s’assument, sont les plus heureux. Ils dégagent une certaine aura, un certain charisme. Etre soi ne s’apprend pas à l’ecole.

Comme le dit Christophe Labarde, spécialiste dans l’art de la simplification, (voir référence en bas de page): 

« Ayez le courage de vivre comme vous voulez, et pas de vivre la vie qu’on attend de vous »

ou encore Sylvaine Pascual, consultante en relations humaines et reconversion professionnelle, qui nous parle d’explorer

« ce que nos étrangetés disent de nous, ce que nos talents nous permettent de faire, …, plutôt que l’écart entre nous et les canons de l’employabilité professionnelle relationnelle ou sentimentale ».

Son blog est une source inépuisable d’article de bon sens quand à l’acceptation de soi et tant d’autres articles comme ceux ci, qui ne manqueront pas d’attiser votre curiosité:

Ne remarquez-vous pas qu’il est plus facile de faire un état des lieux de nos défauts que de nos qualités, et de les ressasser encore et encore, répétant les mauvais scénarii qui en ont découlé. Notre esprit est très fécond en la matière pour nous enfoncer davantage dans notre médiocrité.  Donc ouais, globalement j’ai passé une année de merde (merci d’y avoir contribué).

Pour reprendre les termes de Mark Williams: « la rumination est un élément du problème et non de la solution ».

On a tous cette propension à se dénigrer facilement, à dire qu’on a une vie pourrie, pour se faire plaindre, comme si se récompenser, se féliciter est mal vu. Très français ? ah ca m’a échappé.

Réussir dérange, innover dérange, c’est un constat. Il est toujours temps de changer.

Alors aujourd’hui, ou un autre jour, pesez vos souhaits avec importance, non négligence, et commencez le processus de guérison. Sinon à cette date, vous reprendrez le fil de votre vie, vous vous lèverez comme d’habitude avec cette pensée ancrée en vous que de toute façon, vous valez pas grand chose ou que vous êtes nuls ou d’autres mauvaises pensées de ce genre dont ne manque pas d’imagination pour se qualifier !!

Un peu de pratique:

Voici ce à quoi vous pourriez vous appliquer, car à moins d’avoir une mémoire d’éléphant, personne ne se souvient de chaque succès personnel, aussi minime soit-il.

Chaque semaine, faire le bilan de ce qu’on a accompli de bien et de moins bien, pour soi ou envers les autres. Il ne s’agit pas d’égoïsme primaire, mais d’un véritable retour sur soi comme une valorisation de ce que nous sommes, de ce que nous avons réalisé pour avancer et continuer sur cette voie. Petit à petit le faire chaque jour deviendra comme une seconde nature.
Et pour mieux vous aider à cela, je vous conseille fortement de vous procurer ces petits livres géniaux, à remplir quotidiennement, best-seller de TASCHEN,  « qui vous aide à regarder au-dedans, surchargés que nous sommes au-dehors » : les simple diary !
 

J’aime à penser que si on fait notre bilan personnel autant qu’on se souhaite mutuellement bonne année, c’est qu’il y a un problème. Un an sans bilan sur le plan personnel c’est catastrophique , sur le plan professionnel beaucoup moins mais c’est pas terrible non plus.

Le temps de l’action

Vous connaissez sûrement la fâmeuse citation d’Oscar Wilde:
« Soyez vous même car tous les autres sont déjà pris « .

En somme devenez vous-même au lieu de devenir quelqu’un.

Mais comment y arriver ? Comme il m’arrive souvent de le faire sur mon compte instagram, et pour ceux qui ne me suivent pas encore, j’associe souvent photos et réflexions sur la vie.

Voici donc ma réflexion quant à l’action que nous pouvons mettre en place:

Il_n_y_a_pas_de_chemin_unique_pour_tous

« ll n’y a pas de chemin unique pour tous, valable en tout temps et en tout lieu. Nous avons chacun notre propre chemin a faire. Certains prennent des raccourcis pendant que d’autres prennent des chemins de travers. Au final l’essentiel est bien d’arriver au but visé. Il n’y a que celui qui reste sur place qui n’avance pas. Celui qui ne fait rien qui ne se trompe jamais. « 

C’est à mon sens dans cette optique que nous devons nous diriger, et non en fonction des autres.

Un peu de pratique:

Il y a des exercices que j’applique en créativité mais qui finalement conviennent à tout à chacun, car ils vont engendrer chez vous d’autres processus, la plupart de façon inconsciente. Cette mécanique engagée, vous allez commencer à changer. Et nombreux sont ceux qui sont créatifs dans leur vie sans pour autant être artiste.

Commencez par ceux là:

  Devenez créatif à travers les cinq méthodes que vous connaissez depuis la maternelle, un article très enrichissant du Huffington Post.

Puis compléter par ceux ci:

  1. Au lieu de rentrer chez vous par le même chemin, tentez en un autre.  Qui sait, vous irez peut être plus vite, vous découvrirez un bar sympa, ferait une belle rencontre, admirez un nouveau paysage. Sortez des sentiers battus pour ne pas vous empêtrez dans vos habitudes. Je vous assure que votre cerveau deviendra soudainement plus réceptif à d’autres choses.
  2. Seul(e) ou à deux, tentez une nouvelle recette de cuisine, une nouvelle activité, mettez vous à écrire, n’hésitez pas à embarquer avec vous ceux qui vous sont proches, ils adoreront.
  3. Fini l’obsession des chiffres ronds: Mettez votre réveil à 7H01 et non 7H ! La minute supplémentaire ne changera rien, mais va bousculer vos habitudes. Vous ne serez pas plus en avance ou en retard (surtout ceux qui comme moi snoozent a fond !)
  4. Faites le vide dans votre armoire, vos placards et revendez ce que vous ne portez plus, ne vous servez plus.
  5. Récompensez-vous ! Arrêtez vous chez votre boulanger préféré et déguster ce gâteau que vous n’avez osé acheté. Offrez-vous un théâtre, un ciné, un vêtement, invitez un ami à tester un nouveau bar, etc.
  6. Proposez un moment de convivialité dans votre entreprise (je me souviens dans la mienne, tous les vendredis, chaque salarié préparait un gâteau pour le dessert, un moment conviviale très agréable. Et certains devaient se dépasser pour atteindre un résultat acceptable : des bons moments drôle, et en plus, vous aurez appris des choses dont vous ignoriez l’existence jusqu’à présent).
  7. Coupez les infos de temps en temps et laissez votre esprit divaguer, apprécier d’autres choses. Il en est de même, pour ceux qui, comme moi, font énormément de veille, de peur de rater quelque chose (le Fomo, acronyme de « Fear of missing out », un corollaire de l’addiction aux réseaux sociaux). C’est terriblement chronophage et du coup anti-productif. Réduire cette veille, est mon plus grand défi je crois.
  8. Apprenez à détourner, lever le regard pour voir ce que vous ne voyez plus.

   Ce ne sont que des exemples, soyez imaginatifs !

Pour terminer voici les lectures que je vous recommande chaudement. Il s’agit de deux livres et d’un blog dont j’ai fais références plus haut, remplis d’excellent conseils et d’exercices:

C’est avec eux que je clos cette année pour mieux débuter la suivante.

Ce n’est donc pas une bonne année que je vous souhaite.
Ce que je vous souhaite et me souhaite aussi, c’est d’avoir le courage d’aller au bout de ses envies, de s’écouter, de choisir la vie qu’on a décidé et quand on l’a décidé !

Osez demander de l’aide à ceux qui peuvent vous aider.
Osez pousser certains portes, rencontrer certaines personnes, car celui qui ose, gagne.

Beau programme pour l’année, non ?

Prêt pour un nouveau départ ? Qu’allez vous donc décidez  ?

J’espère vous avoir inspiré.

Au plaisir de lire vos réflexions, observations dans les commentaires.
Ecrire c’est bien. Partager nos ressentis et points de vue, c’est mieux.

A bientôt.